atha yoganusasanam
Et maintenant, voici l’enseignement traditionnel sur le yoga
On pourrait croire que ce premier aphorisme, extrêmement simple, ne sert que d’introduction : il n’en est rien !
C’est peut être même le plus difficile à commenter, car c’est à ce moment qu’un maître doit expliquer ce qu’est un sûtra et qu’est le yoga. Bien sur en Inde, tout le monde connait ces mots et leur donne un ou plusieurs sens, mais un enseignant à le devoir de les expliquer, de leur donner un contexte, une substance.
En occident le travail est double car la majorité des gens ont une vision faussée du yoga, qui n’est pour beaucoup qu’une forme de gymnastique hippie importée dans les années 70 (je dois avouer que cela m’a beaucoup fait rire lorsque je l’ai appris). Si vous lisez ces lignes, c’est que vous savez que le yoga est autre chose.
Pourtant, seul un indou peut vraiment saisir la portée du mot car il fait partie de sa culture. Au même titre que j’ai lu Descartes et compris (à ma manière) ses écrits, je crois que seul un français peut véritablement mesurer la portée de ses textes car il fait partie de la culture française.
Par exemple, régulièrement les articles des quotidients français emploient les mots « Descartes » ou « cartésien », et pas uniquement sur des sujets traitant de philosophie, mais bien dans des articles de société, de politique, etc. Cela prouve la portée de Descartes vis à vis des français : tout le monde le connaît, même si tout le monde ne l’a pas lu.
C’est la même chose en Inde avec Patañjali ! Les yoga sûtras, tout comme le yoga ont une influence qui est grandement mesurable. « Patañjali est dans l’air », il est dans notre mémoire collective, il évoque forcément le mysticisme et la spiritualité, dans un sens propre aux indous. A la différence d’un simple philosophe, Patañjali est l’équivalent d’un envoyé divin, il est un avatar d’Ananta, le dieu serpent. Encore une fois la culture est très différente puisque le serpent pour nous est un animal sacré, mieux, il est un animal symbole. Sa mue est le symbole de la transmigration de l’âme, mais surtout de l’évolution, de la transformation, ce qui induit la remise en question.
Par ce premier sûtra, Patañjali prévient : attention, voici le yoga, voici ce qui va vous transformer… ceci est un sacré chemin (et pas un chemin sacré), il nécessite une attention toute particulière de votre part. Soyez vigilant, vous allez être transformé, car moi, le compilateur d’une sagesse déjà millénaire, je vous préviens, voici le yoga, un chemin qui peut vous changer de niveau de conscience.







Bonjour
Je commence tout juste le Bouanchaud, je suis heureuse de découvrir votre site.
Merci.
Bonsoir,
Je publie peu, mais j’essaye d’être constant dans les commentaires des yogas-sutra.
Merci de me lire.
Pouvez-vous me confirmer que Patanjali soit l’auteur de cette phrase » Si tu contemples la forme d’un être qui n’a aucun attachement, tu parviens alors à la concentration du mental. »
Je vous remercie.
Bonjour,
Je ne peux ni infirmer ni confirmer cette phrase parce que je ne sais pas si Patañjali en est l’auteur. Je ne pense pas qu’il existe quelqu’un qui connaisse tous les textes de Patañjali par coeur. A supposer qu’un « expert » lui attribue cette phrase, comment savoir si le texte original a été bien traduit (les langues indoues et européennes n’ont pas du tout la même structure, ni les mêmes mots) ?
Si on considère la phrase en elle même et qu’on s’interroge sur son sens, on peut émettre des doutes : un être qui n’a aucun attachement est un bouddha. Contempler sa forme physique n’a aucun intérêt et n’amène à rien. Métaphoriquement, on pourrait penser qu’il s’agit de contempler ce que fait cet être pour en tirer des enseignements, mais l’approche du Râja-Yoga est différente, elle consiste à agir et non pas à regarder et contempler. Il faut se bouger !
Merci, recevez mes salutations.