On m’a posé la question suivante à plusieurs reprises : « pourquoi assimilez-vous les yoga-sûtras à de la philosophie ? »
On pourrait entamer un débat sans fin sur la nature de l’ouvrage : est-ce un traité de philosophie ? Est-ce un traité religieux ? Est-ce un traité moraliste ? Est-ce un compilé d’exercices psychologiques ? Est-ce un traité mystique ?
Eh bien les yoga-sûtras sont à mon sens un peu tout ça. J’assimile souvent le traité à la philosophie parce que je pense que c’est le meilleur raccourci pour les occidentaux en général et plus particulièrement pour les français, qui ont un rapport culturel très fort avec le mot « philosophie ».
D’autre part, le mot yoga n’a pas d’équivalent en français, il faut donc lui trouver une traduction qui satisfasse tout le monde et l’on sait d’expérience qu’aucun choix ne pourra satisfaire l’ensemble des érudits, connaisseurs, linguistes et adeptes.
Enfin, c’est aussi un choix personnel, qui s’inscrit dans l’étymologie même du mot philosophie (en grec ?????????) : philo (aimer du grec ??????) et sophía (sagesse du grec ?????). Platon s’interroge dans La République (II, 376b) sur la nature de la philosophie : « Désir de connaître et amour du savoir, ou philosophie, c’est bien une même chose ? »
Ce qui est intéressant dans notre cas, c’est que Platon met souvent en opposition la philo-sophía avec les philo-èdonos, philo-sómatos, philo-nikos, qui sont les désirs humains. Ne doit-on pas en conclure que la philosophie est un moyen (parmi d’autres) de s’affranchir les désirs humains ? Dans ce cas, les yoga-sûtras qui sont des exercices permettant (entre autres) de s’affranchir des désirs humains sont bien une philosophie.
Concentrons-nous maintenant sur ce qu’ils peuvent nous apporter…






